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Culture - Générale
Écrit par Vincent MARTIN   

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Un billet écrit à deux jours de la finale de la coupe du monde de rugby 2011.
 
Cela ne vous sans doute pas échappé si vous me lisez de temps en temps : j’aime le rugby, et, même si ce sport n’est pas le fond de commerce de ce site, j’y ai quand même écrit deux, trois billets qui y font allusion (voir les billets consacrés à Scrum).
En tant qu’amateur, donc, j’ai regardé quelques matches de cette coupe du monde, notamment ceux de l’équipe de France. Je l’ai trouvée moyenne contre le Japon (mais bon, c’était le premier match, un adversaire pas trop dangereux, on était en phase de cadrage), courageuse contre le Canada (suffisamment pour aller planter en fin de match les deux essais du bonus offensif), honnête contre les Blacks (on n’allait quand même pas se consumer pour sortir premiers de la poule alors que le bas du tableau était plus facile) et désespérants contre le Tonga (retombés dans tous leurs défauts, ne sachant plus plaquer, poreux en défense).
Après le match contre le Tonga, j’en étais à me demander comment j’allais pouvoir neutraliser les vannes de mon collègue Anglais le lundi qui suivrait le quart de finale. Heureusement, le match fut grandiose : une équipe retrouvée, une volonté, une rage, une cohésion, un engagement exemplaires, avec en prime la « vista » qui permet de prendre l’ascendant sur un adversaire maladroit, certes, mais loin d’être mauvais, valeureux, et dangereux jusqu’au drop libérateur de Trinh-Duc.
Les Français sont les hommes d’un seul match, on le sait. Forts – si l’on peut dire – de cet adage, ils ont été pathétiques en demie. A vrai dire, je n’ai pour ainsi dire pas vu le match ; j’ai commencé à l’écouter dans la voiture (j’allais passer le week-end à Nérac), mais du côté de Moissac, je me suis quand même arrêté pour voir un bout de la deuxième mi-temps. Pour mon malheur, ce fut le moment de l’essai gallois. Deux regroupements et trois touches perdus plus tard, je suis parti écœuré. En toute logique, contre une équipe qui avait, d’entrée, perdu son pilier droit, réduite à quatorze après l’expulsion de son capitaine, on aurait dû dérouler notre jeu et s’imposer largement (en général, à ce niveau, l’expulsion pendant dix minutes d’un joueur se traduit au score par une dizaine de points). Mais non, on doit se contenter d’une victoire étriquée, illogique, « chapardée » (dixit Danel Herrero) et injuste. J’ai pensé ce 15 octobre au France-Allemagne de 1982 (c’est du foot, désolé). C’est dire si c’est peu glorieux.
Je ne vais pas me risquer à un nouveau pronostic foireux (je me suis déjà planté en écrivant que la France ne passerait pas les quarts !... : lire http://www.computure.net/fr/bd/129-coupe-du-monde-de-rugby-et-ligne-claire), mais bon, quand on voit la qualité du jeu produit par les Australiens en demi-finale, vif, rapide, physique, et pourtant surclassé par celui des Blacks, on se dit que cela va être très dur. La souffrance jusqu’ici endurée par les Français risque de n’être qu’un aimable hors d’œuvre de ce que les Néo-Zélandais vont leur offrir.
L’entame de match va être terrible. Galvanisés par leur haka, soutenus, portés, propulsés par leur public, ils vont nous tomber sur le râble en tsunamis successifs et destructeurs, nous désosser avant de nous laisser mariner quelques temps pour mieux pouvoir nous rôtir et nous déguster comme les véritables gourmets qu’ils sont. Le pire, c’est qu’ils ont faim : vingt-quatre ans qu’ils attendent une nouvelle victoire en coupe du monde. La première fois, c’était déjà chez eux et contre les Français, avec le résultat qu’on connaît.
Aux bleus de leur montrer qu’ils sont coriaces. Les Français ne sont jamais aussi mauvais que lorsqu’ils sont favoris (l’Argentine en 2007, l’Italie cette année dans le tournoi des six nations, le Tonga en poule) et jamais aussi dangereux que lorsqu’ils sont outsiders. En coupe du monde, ils sont la bête noire (sans jeu de mots) des Néo-Zélandais.
S’ils montrent l’agressivité, la volonté, la cohésion et l’abnégation dont ils ont fait preuve contre l’Angleterre, s’ils sont aussi chanceux (le mot est faible) que contre les Gallois, et s’ils sont, surtout, suffisamment imaginatifs pour trouver le moyen de passer les quinze rideaux que les Néo-Zélandais vont dresser devant eux, alors, oui, ils risquent de causer la surprise. La victoire viendra peut-être, comme en 99, du jeu au pied. A l’époque, c’était Titou Lamaison qui était à l’ouverture ; aujourd’hui, le salut est dans la botte de Morgan Parra. Il a largement prouvé son habileté et son intelligence à ce poste.
Ca fait beaucoup de si, me direz-vous. OK. Les espoirs les plus fous sont néanmoins permis, y compris – surtout – celui d’une belle finale. Messieurs, s’il vous plait, offrez-nous du beau jeu ! Faites chanter le cuir ! Faites taire les commentaires insultants et indignes que nous avons entendus après la demi-finale ! Que nous puissions dire, dimanche prochain : « Ah, que nous sommes heureux ! »
 
Computurellement vôtre.

Conséquence collatérale et inattendue de cette coupe du monde, le petit billet sur les expressions du rugby que j’avais écrit quasiment au début de l’aventure Computure connaît un succès inhabituel, avec des pics d’affluence très nets les jours de match de la France. La fréquentation progresse au même rythme que l’équipe. Merci aux joueurs. Merci à vous.
Retrouvez tous nos articles sur www.computure.net, les expressions du rugby sur http://www.computure.net/fr/generale/31-dix-expressions-du-rugby et les articles sur Scrum et l’Agilité à partir de http://www.computure.net/fr/methodes/108-scrum-ce-que-jen-ai-retenu.
 

 

 


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