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| Tendances 2010 : le cloud computing |
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| Informatique - Divers | ||||||||||||||||||||||||||||
| Écrit par Vincent MARTIN | ||||||||||||||||||||||||||||
Pour paraphraser Pierre Desproges, on pourrait dire que le « cloud computing », « c’est comme la gauche ou la jupe à mi-cuisse : c’est ce qui se fait de mieux chez les gens de goût ». La boutade mise à part, le terme de « cloud computing » est aujourd’hui un peu employé à toutes les sauces. Computure vous en dit plus sur cette chose nébuleuse qui s’annonce comme l’une des grandes tendances de l’année 2010.
Qu’est-ce que c’est ?
Le cloud computing – littéralement « l’informatique dans les nuages », mais je préfère parler de « nuage informatique » ou « d'informatique en nuage » – c’est la dématérialisation et la dispersion de votre poste de travail, applications et données, sur les serveurs d’un ou plusieurs prestataires, sur une plate-forme conçue dès le départ pour être mutualisée. Sur un schéma, la plate-forme, dont la structure importe peu pour ses clients, est représentée par un nuage, d’où l’expression.
Le cloud computing vous permet d’accéder à vos applications et à vos données depuis n’importe où dans le monde (y compris depuis votre propre bureau, stade ultime du progrès !), depuis votre PC. C’est à un Système d’Informations ce que le VOD est à votre bon vieux DVD.
Il regroupe les deux types d’applications : les applications bureautiques portées en Web (Google Docs, Office 2010, ...) et les applications accessibles via un bureau à distance (Citrix, Remote Desktop).
Si votre société a investi dans des PC de course, avec une grande puissance de calcul, de la CPU et de la mémoire en veux-tu en voilà et un disque dur encyclopédiste, faites-les lui revendre ! Toute cette puissance ne servira à rien, puisque tout peut être pris en charge, stockage, traitement des données, disponibilité et montée en charge sur les serveurs de vos prestataires. C’est un peu comme si vous achetiez une voiture rapide ou un 4x4 pour vous déplacer en ville.
A l’inverse, le plus petit PC, le moindre Net Book vous permettront de bénéficier des avantages du cloud computing, pour peu que vous disposiez d’une liaison à haut débit. La montée en puissance du cloud computing ira de pair avec le développement des PC portables ou ultra-portables, et peut-être même des iPhones et autres BlackBerry, qui en retour devront augmenter leurs capacités (taille de l’écran, ergonomie) pour permettre une utilisation correcte des applications du « nuage ».
Impacts Le développement du cloud computing se traduira très vraisemblablement par :
- l’évolution des services informatiques : un nouveau type de services verra le jour : la « mise en cloud computing » ou dématérialisation des Systèmes d’Informations ; elle devra garantir leur bon fonctionnement, selon les termes du contrat qui sera passé avec le fournisseur (accès, disponibilité, rapidité, etc.) ;
- la standardisation des applications : la mise à disposition d’applications et la fourniture de services seront de plus en plus intégrées dans les offres commerciales des fournisseurs de cloud computing ; à la clé, sans doute moins de développements de logiciels spécifiques, et plus d’applications « sur étagère », voire des ERP ; à terme, les profils d’intégrateurs devraient être plus convoités que les profils de développeurs ;
- le rôle prépondérant de trois acteurs et responsabilités ; deux d’entre eux sont déjà connus, mais devraient voir leurs rôles monter en puissance : l’hébergeur (hébergement et fourniture des services applicatifs) et le transporteur (transmission des flux de données, transport des applications) ; le troisième est en train d’émerger : c’est l’acteur du processus de mutualisation, celui qui sera en mesure d’effectuer la dématérialisation de votre environnement de travail ;
- le bonheur des architectes : les développements spécifiques devront intégrer les contraintes induites par la mutualisation et la répartition des différents composants sur une grille de serveurs ; quant aux applications existantes, leur « mise en nuage » ne pourra s’effectuer sans l’intervention d’architectes dont la prestation sera à haute valeur ajoutée (souvenez-vous de CORBA) ;
- le renforcement des assistances à maîtrise d’ouvrages : les profils capables d’assister la conduite d’un projet en intégrant les contraintes de la dématérialisation, devraient être (très) fortement valorisés.
Dans les faits, un opérateur comme Salesforce.com a passé la barre du milliard de dollars de chiffre d’affaires pour son année fiscale 2009. Environ 3000 PME adoptent chaque jour les services GoogleApps ; Amazon revendique 94 millions de clients à son offre « cloud » (source : http://www.lemonde.fr/technologies/article/2009/08/24/le-cloud-computing-bouscule-l-informatique_1231357_651865.html). Sun Microsystem a annoncé que d’ici à 2015, l’ensemble des centres de calcul de l’entreprise seront virtualisés dans le cadre d’un nuage informatique (source : http://www.journaldunet.com/solutions/systemes-reseaux/analyse/le-cloud-computing-l-informatique-de-demain.shtml).
De plus, l’OMG s’est emparé du dossier et tente une standardisation de ce qui tourne autour du cloud computing (services, échanges, architectures, etc.), ce qui laisse envisager une généralisation du concept.
Avantages et défauts - économie : au lieu d’acheter des serveurs et des applications qui sont souvent sous-utilisés, une entreprise loue une infrastructure et un portefeuille de services applicatifs et ne paie que pour l’usage qu’elle en fait ; à l’inverse, le cloud computing peut être, pour une entreprise déjà dotée de serveurs puissants, un moyen de les rentabiliser ; c’est ce qu’a fait le cybermarchand Amazon, qui avait énormément investi dans des serveurs capables d’absorber les pics de consommation lors des fêtes de fin d’année, mais peu sollicités le reste de l’année ;
- souplesse et agilité : l’utilisateur peut bénéficier de la puissance informatique voulue au moment voulu, avec un bémol probable : des tarifs gradués selon les pics de sollicitations, du fait de l’utilisateur ou non ;
- robustesse : un serveur défaillant peut être remplacé par un autre en toute transparence ;
- performance : idem : un serveur aux performances insuffisantes ou surchargé peut être remplacé, de façon transparente, par un ou plusieurs serveurs capables de répondre à cette montée en charge ;
- consommation d’énergie : les « fermes informatiques », ces plates-formes de serveurs surpuissants qui servent de support aux nuages informatiques sont très gourmandes en énergie, notamment à cause des systèmes de refroidissement qui doivent être mis en œuvre (il faut d’avantage d’énergie pour refroidir les machines que pour les alimenter) ;
- dépendance : on touche ici au point le plus problématique des nuages informatiques : la dématérialisation du Système d’Informations peut aller jusqu’à se traduire, à l’extrême, par sa suppression au profit d’un SI totalement externalisé. Certains vont jusqu’à prédire la fin des DSI ! Sans aller jusque-là, il reste que le système entraîne une forte dépendance des entreprises clientes vis-à-vis de leurs prestataires.
- dépendance : le choix du cloud computing est quasiment un point de non-retour, tant l’opération inverse (la rematérialisation, ou « rapatriement » d’un SI « sur terre ») semble difficilement concevable.
Acteurs
Le développement et la montée en puissance du cloud computing sont une tendance lourde de l’informatique d’entreprise pour les prochaines années. En témoignent les grandes manœuvres qui voient le jour entre les gros opérateurs du marché. Ainsi IBM et Google, par exemple, ont-ils signé des accords pour mettre en commun leurs serveurs dédiés à leur offre de cloud computing. Un autre accord existe entre Google et Salesforce.
A quel horizon les grandes entreprises françaises auront-elles placé « dans un nuage » tout ou partie de leurs Systèmes d’Informations, il est difficile de le dire. Tout dépendra de la capacité des opérateurs à répondre correctement aux sollicitations et montées en charge, de la compétitivité des offres commerciales comme de la qualité et de la fiabilité des services fournis par les prestataires. Si les offres proposées sont satisfaisantes, on peut prévoir une mutation profonde de la plupart des grandes entreprises dans les deux prochaines années. Rendez-vous donc d’ici 2012 !
Computurellement vôtre.
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