Un roman français Print E-mail
Culture - Books
Written by Vincent MARTIN   
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« Un roman français », de Frédéric Beigbeder
Pris en flagrant délit de consommation de cocaïne sur le capot d’une voiture, soupçonné de destruction de preuves parce qu’il tente d’essuyer le bout de tôle avec la manche de sa veste, l’auteur se retrouve en garde à vue dans les oubliettes de la Conciergerie au moment où son frère va être décoré de la Légion d’honneur par Nicolas Sarkozy.
Homme sans souvenir, il trouve cependant dans l’exploration de son histoire un passé qui ressurgit par petites touches, ou plutôt par madeleines (celles de Proust, bien entendu). Comme il dit : « Tapez sur la tête d’un écrivain, vous lui ferez retrouver la mémoire ».
« Un roman français » est une autobiographie décalée, la chronique familiale d’une famille de « catholiques monarchistes [...] devenus des capitalistes mondialisés », qui prend des airs de pamphlet lorsque l’auteur s’en prend à l’institution judiciaire qui laisse croupir des présumés innocents dans des conditions moyenâgeuses indignes du pays qui se prétend celui des Droits de l’Homme. C’est un roman sur la famille, le divorce des parents, les rapports avec le frère, assombri par ses relations avec les femmes, mais éclairé par l’amour pour sa fille : « Grâce aux gênes de sa mère, ma fille est mille fois plus belle que moi au même âge »,  plein d’humour (certaines situations sont d’un burlesque irrésistible) et d’autodérision.
C’est surtout un recueil de souvenirs de jeunesse, rythmé par les tubes des années 70, qui devrait toucher celles et ceux qui ont grandi dans ces années-là. On l’aura compris, c’est le cas de votre serviteur, qui vous conseille de le lire avec, entre les oreilles, la musique de Chicago (« If you leave me now »), de Gary Moore (« Parisienne walkways »), de 10cc (« I’m not in love ») ou de Kansas (« Dust in the wind »).
« Un roman Français » a été boosté l’été dernier par un joli buzz médiatique (à la suite de pressions, prétendues ou réelles, exercées par la Chancellerie sur l’éditeur, l’auteur aurait accepté de modifier trois pages consacrées à Jean-Claude Marin, procureur de la République de Paris). C’est le livre le plus jubilatoire que j’ai lu en 2009. Il a obtenu le prix Renaudot.
 « Un roman français », par Frédéric Beigbeder. Ed. Grasset, 282 p., 18€.
 
 
 

 

 Egalement disponibles dans cette rubrique :
  • « Avant d’aller dormir ». Christine, 47 ans, souffre à la suite d’un accident d’un forme très rare d’amnésie. Elle s’éveille en effet chaque matin en ayant tout oublié de ce qu’est et a été sa vie les jours précédents : qui elle est, quelle est son âge, qui est son mari, que fait-elle ou qu’a-t-elle fait. Jusqu’au jour où, sur les conseils de son médecin, elle se met à noter, tous les jours, dans un journal, tous ses faits et gestes.
  • « L'Armée furieuse », de Fred Vargas. Il aura fallu attendre près de trois ans pour voir enfin paraître le nouveau roman de Fred Vargas. Mais le résultat est à la hauteur de cette longue attente, avec une enquête qui met à nouveau en scène le commissaire Adamsberg pour lui faire affronter, cette fois – la neuvième – une horde sauvage venue du fond des temps.
  • « Les piliers de la terre », de Ken Follett. Dans l’Angleterre du XIIème siècle, au moment où le Gothique va apporter hauteur, légèreté et lumière aux nouvelles cathédrales, les destins croisés et les ambitions rivales d'ecclésiastiques, de nobles locaux et de bâtisseurs.
  • « Grands Zhéros de l'Histoire de France », de Clémentine Portier-Kaltenbach. Souvenez-vous : nos maîtres et nos professeurs d’Histoire nous ont toujours plus parlé des victoires que des défaites, des glorieux conquérants et des grands découvreurs que des capitaines vaincus. Mais il faut de tout pour faire un monde, et l’Histoire a aussi été faite par les boulets, les bras cassés, les ratés, les loosers, les incapables, les médiocres. C’est à eux que Clémentine Portier-Kaltenbach consacre ce livre à la fois comique et désolant. L’Histoire de France, non pas pour les nuls, mais par les nuls.
  • « Comme deux gouttes d'eau », de Tana French. Autrefois infiltrée dans un réseau de trafiquants de drogue, l’inspecteur Cassie Maddox est aujourd’hui affectée à la brigade des violences domestiques. On lui demande un matin de se rendre sur une scène de crime ; elle y découvre la victime, une jeune femme qui lui ressemble trait pour trait, et qui porte le nom d’Alexandra Madison, l’identité sous laquelle elle avait réalisé son infiltration.
  • « La chute des géants », de Ken Follett. Après ses deux succès planétaires, « Les piliers de la terre » et « Un monde sans fin », Ken Follett publie « La chute des géants », le premier tome d’une grande saga historique qui conte les destins entremêlés de cinq familles galloise, anglaise, russe, allemande et américaine tout au long du vingtième siècle.
  • « Incidences », de Philippe Djian. Marc, la cinquantaine, est un professeur d’université qui se console de sa médiocrité professionnelle et de ses désillusions littéraires en collectionnant les aventures clandestines avec ses jeunes étudiantes. Il ramène la dernière en date, Barbara, dans la grande maison qu’il partage avec sa sœur dans les collines. Le lendemain, incidemment, il retrouve Barbara morte dans son lit, « froide comme un jambon, déjà presque grise ».
  • « Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates », de Mary Ann Shaffer & Annie Barrows, Au lendemain de la seconde Guerre Mondiale, une jeune écrivain découvre par hasard l’existence d’une petite communauté de l’île de Guernesey à qui la littérature a aidé à supporter les rigueurs de la guerre.
  • « Le club des incorrigibles optimistes », de Jean-Michel Guenassia. Paris, fin des années 50. Le jeune Michel Marini, 12 ans au début du roman, sèche les cours du collège. Il découvre le baby-foot, le rock et la photographie, mais fait surtout la connaissance fortuite, dans l’arrière-salle d’un bistrot de Denfert-Rochereau, d’un groupe de joueurs d'échecs transfuges des pays de l’Est.
  • « Exit le fantôme », de Philip Roth. Après plusieurs années d’une réclusion volontaire vouée à l’écriture, incontinent et impuissant à la suite d’une opération de la prostate, Nathan Zuckerman – alter ego de l’auteur – revient à New York pour y subir une intervention qui doit lui redonner, au moins partiellement, le contrôle de sa vessie. Dans une ville « accablée par la réélection de George W. Bush », il fera trois rencontres décisives.
Dans la rubrique BD :
  • « Songes »Début du XXème siècle. Une jolie blonde se présente à la grille d’une riche maison campagnarde, comme préceptrice d’un jeune garçon. Elle entre alors dans un domaine immense et un peu étrange, regorgeant de machines et d’inventions inconnues.
  • SODA ou le flic en planque derrière l'homme d'église. « SODA », série policière initiée par Tome et Warnant, conte les aventures d’un flic new-yorkais qui fait croire à sa mère, vieille dame au cœur fragile, qu’il est pasteur. Comme il le dit lui-même, « C’est pas plus mal : les types que j’arrête sont parfois un peu morts... »
  • Embarquons ! Les bateaux ont une place bien à eux dans l'univers de la Bande Dessinée. Voici un aperçu de quelques-uns des liens qui unissent la mer aux héros de BD.

 


 

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